avec : Thilen Lhondup , Gurgon Kyap , Lhapka Tsamchoe
Pour se prouver à lui-même et tenter de démontrer aux plus jeunes que les valeurs de son temps méritent mieux qu'un revers de main, un vieux chef népalais entreprend de mener un troupeau de yacks à travers la montagne tibétaine. Sans autres effets spéciaux que ceux, splendides, mis au point par la nature, et avec des acteurs recrutés sur le terrain, Eric Valli, un habitué du Toit du monde, réalisait en 1999 un film joyau qui, le temps de son exploitation au cinéma, s'offrit le luxe insolent de rivaliser avec "La Menace fantôme". Ecolo malgré lui, ce western quasi mystique apporte la preuve qu'une bonne histoire bien ficelée et sans budget colossal consacré à la post-production, peut faire rêver tout en se révélant particulièrement rémunératrice. Autant que celle des sentiers escarpés, des crevasses pâles avec vue plongeante sur les entrailles de la terre, et des hauts plateaux rongés par la glace, c'est l'aridité de certains conflits existentiels et générationnels que Valli a tenu à visiter ici. En plus d'un décor majestueux, la montagne aux neiges éternelles fournira au metteur en scène et à ses personnages bien des réponses.
En 1985, dans la Cordillère des Andes (au Pérou), Joe Simpson et Simon Yates, alpinistes britanniques chevronnés, entreprennent l’ascension de la face ouest du Siula Grande, une première. Ils réussissent à atteindre le sommet, mais lors de la descente, Joe tombe et se casse la jambe. À 6 000 mètres d’altitude, dans des conditions extrêmes, les deux hommes savent qu’ils sont condamnés tous les deux si Simon tente d’aider son ami au lieu de l’abandonner à son sort. La mort dans l’âme, Simon coupe donc la corde qui le relie à son partenaire…
Cette aventure extraordinaire et vraie a été racontée par Joe Simpson, dans un best-seller autobiographique. Kevin Macdonald, talentueux documentariste (il a reçu l’Oscar en 2000 pour One Day In September) l’a fidèlement adapté à l’écran en 2003, dans un film mêlant séquences de fiction et commentaires continus des véritables protagonistes. Si l’histoire de Joe et Simon finit bien, elle pose néanmoins un dilemme moral. En effet, Simon s’est vu discrédité par la communauté des alpinistes pour avoir effectué ce geste terrible. Un film passionnant, qui n’a nul besoin d’effets spéciaux pour captiver le spectateur !
avec : Jean Reno , Rosanna Arquette , Jean-Marc Barr
Luc Besson est tombé sous le charme de Jacques Mayol à l’âge de seize ans, lors de la projection d’un film sur le monde sous-marin. Le bonheur intense ressenti par le spécialiste de la plongée en apnée au cours de ce que le jeune Besson percevait alors comme de cauchemardesques descentes dans les profondeurs, l’a fasciné au point que dix ans plus tard, il décide d’y consacrer un film. La vraie difficulté sera de trouver le comédien capable de restituer la personnalité ambiguë du plongeur, équilibriste sur un fil tendu verticalement entre l’univers des hommes et celui de la mer. Après plusieurs essais, c’est la fragilité du jeune Jean-Marc Barr qui séduit le réalisateur. Il lui donne comme partenaires le volubile et expansif Jean Reno, son ami de toujours, et Rosanna Arquette star bien terrienne d’outre-Atlantique.
Filmé dans les profondeurs (les techniciens ont fait des prouesses) de Grèce, de Bahamas ou encore du Pérou, “Le Grand Bleu” (constamment éclairé par la musique d’Eric Serra) pose le cruel dilemme de deux passions qui s’affrontent : l’amour romantique et l’irrésistible appel de la mer. Plus qu’un film à voir ou revoir, “Le Grand Bleu” reste une œuvre à ressentir, immergé.
avec : Mel Gibson , Patrick McGoohan , Sophie Marceau , Mc Cormack
En ces années 1290, la vie était rude pour le peuple écossais alors sous le joug du cruel roi d’Angleterre Edward 1er (Patrick McGoohan, moins « prisonnier » que dans la mythique série). Mais les Anglais commirent une grave erreur en massacrant la famille puis la femme de William Wallace (Mel Gibson). Rien ne le retient plus ensuite pour prendre la tête de la révolte contre l’oppresseur, entraînant dans son sillage une petite armée de gueux aussi vaillants que déterminés.
S’étant enthousiasmé pour le scénario de Randall Wallace (futur auteur de L’Homme au masque de fer, il n’a aucun lien de parenté avec William), Mel Gibson a relevé un défi de plus en décidant de mettre en scène Braveheart, sa deuxième réalisation après L’Homme sans visage en 1993. L’interprète inoubliable de Mad Max se montre impérial (il obtint l’Oscar du meilleur réalisateur et celui du meilleur film) dans cette reconstitution historique fidèle et grandiose (un budget de 70 millions de dollars, 1700 figurants fournis par l’armée irlandaise). On reste médusé devant la violence et la puissance qui émanent des séquences de bataille. Si dix minutes suffisent à Sophie Marceau pour illuminer le film, la fougue dont fait preuve Mel Gibson prouve en 2 h 45 d’aventures épiques que certaines têtes brûlées vivent ailleurs qu’en Irlande.
avec : Daniel Day-Lewis , Madeleine Stowe , Jodhi May
En 1757, en Amérique du Nord, les tribus indiennes sont prises en tenaille entre les armées françaises et anglaises qui se livrent une guerre sans merci pour la possession des territoires. Alors que ce conflit n’est pas le sien, un Mohican d’adoption (Daniel Day-Lewis) est obligé d’entrer dans la tourmente s’il veut sauver la femme qu’il aime, Cora Munro (Madeleine Stowe), la fille d’un colonel anglais dont le chef Huron Magua (Wes Studi) a juré d’exterminer la famille…
Ce n’est pas la première fois que le roman de James Fenimore Cooper est adapté au cinéma. Mais Michael Mann s’est plus inspiré ici du scénario que Philip Dunne avait écrit pour l’excellente version réalisée en 1936 par George B. Seitz (avec Randolph Scott dans le rôle d’Œil de Faucon), qui lui paraissait plus puissante et attrayante que celle du livre. Ce Dernier des Mohicans cru 1992 se révèle une aventure épique époustouflante. De la reconstitution des batailles aux scènes de combats au corps à corps, en passant par les scènes plus intimistes, tout n’est que grand spectacle. Tourné en décors naturels dans des paysages magnifiques, ce film violent, passionné et extrêmement romantique bénéficie d’une interprétation de haute volée. Une fois de plus, Daniel Day-Lewis, véritablement habité par son personnage, effectue une performance inoubliable.