avec : Jean Reno , Rosanna Arquette , Jean-Marc Barr
Luc Besson est tombé sous le charme de Jacques Mayol à l’âge de seize ans, lors de la projection d’un film sur le monde sous-marin. Le bonheur intense ressenti par le spécialiste de la plongée en apnée au cours de ce que le jeune Besson percevait alors comme de cauchemardesques descentes dans les profondeurs, l’a fasciné au point que dix ans plus tard, il décide d’y consacrer un film. La vraie difficulté sera de trouver le comédien capable de restituer la personnalité ambiguë du plongeur, équilibriste sur un fil tendu verticalement entre l’univers des hommes et celui de la mer. Après plusieurs essais, c’est la fragilité du jeune Jean-Marc Barr qui séduit le réalisateur. Il lui donne comme partenaires le volubile et expansif Jean Reno, son ami de toujours, et Rosanna Arquette star bien terrienne d’outre-Atlantique.
Filmé dans les profondeurs (les techniciens ont fait des prouesses) de Grèce, de Bahamas ou encore du Pérou, “Le Grand Bleu” (constamment éclairé par la musique d’Eric Serra) pose le cruel dilemme de deux passions qui s’affrontent : l’amour romantique et l’irrésistible appel de la mer. Plus qu’un film à voir ou revoir, “Le Grand Bleu” reste une œuvre à ressentir, immergé.
avec : Daniel Day-Lewis , Madeleine Stowe , Jodhi May
En 1757, en Amérique du Nord, les tribus indiennes sont prises en tenaille entre les armées françaises et anglaises qui se livrent une guerre sans merci pour la possession des territoires. Alors que ce conflit n’est pas le sien, un Mohican d’adoption (Daniel Day-Lewis) est obligé d’entrer dans la tourmente s’il veut sauver la femme qu’il aime, Cora Munro (Madeleine Stowe), la fille d’un colonel anglais dont le chef Huron Magua (Wes Studi) a juré d’exterminer la famille…
Ce n’est pas la première fois que le roman de James Fenimore Cooper est adapté au cinéma. Mais Michael Mann s’est plus inspiré ici du scénario que Philip Dunne avait écrit pour l’excellente version réalisée en 1936 par George B. Seitz (avec Randolph Scott dans le rôle d’Œil de Faucon), qui lui paraissait plus puissante et attrayante que celle du livre. Ce Dernier des Mohicans cru 1992 se révèle une aventure épique époustouflante. De la reconstitution des batailles aux scènes de combats au corps à corps, en passant par les scènes plus intimistes, tout n’est que grand spectacle. Tourné en décors naturels dans des paysages magnifiques, ce film violent, passionné et extrêmement romantique bénéficie d’une interprétation de haute volée. Une fois de plus, Daniel Day-Lewis, véritablement habité par son personnage, effectue une performance inoubliable.
Nicolas Vanier dépeint le quotidien d'un trappeur canadien dans ce film de fiction spectaculaire et écologiste tourné dans des conditions extrêmes (par - 40°). Des trois éditions DVD, la plus simple se contente de deux commentaires audio, un premier à l'intention des enfants, un second pour les adultes.
avec : Norman Winther , May Loo , Alex Van Bibber , Ken Bolton
avec : Samuel Le Bihan , Monica Bellucci , Vincent Cassel , Mark Dacascos , Emilie Dequenne , Jérémie Rénier , Jean Yanne
Le Pacte des loups est un film hybride, qui mélange les genres et les cultures de manière assez jubilatoire (comme si Angélique, marquise des anges était revisité à la fois par Mario Bava, John Woo et Tsui Hark). On le sait, Christophe Gans est un cinéphile averti, un inconditionnel du cinéma de Hong Kong et d’Asie, ainsi qu’un homme de goût. Son film lui ressemble. Comme dans Crying Freeman (Mark Dacascos y avait le rôle-titre), le réalisateur rend hommage à ses maîtres et à une certaine idée du cinéma de divertissement de qualité, qu’il aimerait contribuer à faire renaître. Cependant, même si on ne peut qu’être impressionné par la mise en scène et la beauté des images, cette superproduction à la distribution vertigineuse (la fine fleur du cinéma français y est effeuillée) peine à prendre réellement son envol. Le tout manque singulièrement de fluidité et de cohérence, performances des acteurs comprise. Avoir confié le rôle du héros à Samuel Le Bihan, dont le talent et le charme ne sont pourtant pas en cause, s’avère un choix plutôt malheureux. La nonchalance (pour le coup trop anachronique) avec laquelle il joue les deux tiers du film contraste avec la gravité bien plus romanesque de son partenaire Mark Dacascos.
Néanmoins, dans un paysage cinématographique français qui oublie trop souvent la notion de rêve et de plaisir, une telle ambition, même à moitié aboutie, ne peut qu’inspirer le plus grand respect.
avec : Harrison Ford , Karen Allen , Kate Capshaw , Sean Connery
La sortie sur les écrans en 1981 des "Aventuriers de l'Arche perdue" avait été un événement. Ce film d'aventures réalisé par Steven Spielberg d'après un récit imaginé par son complice George Lucas a en effet été salué par le public et la critique du monde entier, puis récompensé par cinq Oscars (sur neuf nominations). Directement inspirées des illustrés des années 30-40, les aventures de l'archéologue intrépide Indiana Jones se révéleront épisode après épisode ("Indiana Jones et le Temple maudit" et "Indiana Jones et la Dernière Croisade", respectivement parus en 1984 et 1989) un spectacle grandiose et extrêmement divertissant, torrent ininterrompu de cascades et de numéros de bravoure. Après avoir excellé en Han Solo dans "La Guerre des étoiles", Harrison Ford campait un Indy idéal, un séducteur dont le flegme et les sourires narquois semblaient venir à bout de toutes les situations. En 2005, à nouveau sous la houlette de Steven Spielberg, l'acteur, alors âgé de 63 ans, reprendra du service pour le quatrième épisode de la saga.
avec : Kevin Costner , Mary Mcdonnell , Graham Greene
Guerre de Sécession. Le lieutenant de l'armée nordiste John Dunbar (Kevin Costner) choisit d'être muté à un avant-poste isolé du South Dakota, à la frontière entre la civilisation et l'Ouest sauvage. Dans l'attente d'hypothétiques renforts, et n'ayant pour seule compagnie que celle d'un loup, il tente de survivre dans une région hostile. Un jour, il parvient à établir un premier contact avec les Sioux… Triomphe phénoménal en salles, le premier film réalisé en 1990 par l'acteur Kevin Costner raflait à la surprise générale sept Oscars sur douze nominations, dont ceux des Meilleurs film, réalisateur, scénario original (de Michael Blake) et musique (de John Barry). Formidable hommage au peuple indien et à sa culture, ce western écologique, humaniste et généreux durait initialement trois heures, mais Kevin Costner, dans un élan d'enthousiasme, avait également concocté une version spéciale de 3 h 44, enrichie de séquences spectaculaires.